Information
Type de jouet : figurines en caoutchouc
Pays de fabrication : France
Pays de distribution : France
Date : De mai 1938 à 1963
Fabricant : Delacoste et Cie., 7 rue de Notre-Dame-de-Nazareth , Paris IIIe
Prix de vente : 14,50 FF pour Blanche Neige, 6,90 FF pour chaque nain
Dimensions : 17 cm pour Blanche Neige, 13cm pour chaque nain

La version française des jouets Seiberling
La douzième page du programme du cinéma Marignan pour Blanche Neige et les sept nains fait la promotion des figurines en caoutchouc « Para Kay D » : « Ces personnages qui vous ont plu été exécutés en caoutchouc d'après les maquettes originales, et avec l'autorisation de Walt Disney. »
Un dessin de ces figurines en caoutchouc apparaît dans le catalogue de Noël 1938 du célèbre grand magasin Galeries Lafayette. Elles sont vendues sous la référence 548 TA 33 au prix de 6,90 FF par nain et 14,50 FF par poupée Blanche-Neige de 17 cm.
Au dos de chaque personnage se trouve un sifflet qui émet un son lorsque l'on compresse le caoutchouc de la figurine.
Ils ont été fabriqués par Delacoste et Cie, qui détenait la licence Walt Disney depuis 1935. La société d'origine a été fondée en 1862 par M. Culaz, puis reprise par B. Derolland en 1972. Le D. présent sur les jouets signifiait apparemment Derolland jusqu'en 1912, date à laquelle son neveu, Delacoste, a pris la relève. En 1961, ils ont inventé le célèbre jouet pour bébés Sophie la girafe. La société a ensuite été rachetée par Vullierme en 1982, qui est à son tour devenue Vulli en 1989.
Il est intéressant de noter qu'une facture datant de 1906 mentionne les frères Ledra. Ledra fabriquait des jouets en caoutchouc Disney en Italie.
Si l'aspect des nains est fidèle aux modèles américains Seiberling, Blanche Neige a été entièrement redessinée. Différentes versions de ces figurines ont été commercialisées au fil des ans jusqu'en 1963 au moins. En 1955, ces mêmes jouets sont apparus dans les catalogues commerciaux de jouets. Et en 1958, ils figurent en couverture du disque de Blanche Neige par Paulette Rollin.
Delacoste a ensuite créé différentes séries de figurines représentant Blanche Neige et les sept nains.
Le journal La Cheminée, une publication mensuelle destinée aux employés des usines Delacoste, a été lancée en 1937. Dès le numéro d'avril, un article de Ch. Chauvin intitulé « Blanche Neige et les sept nains » commence ainsi :
« Prochainement, les établissements Delacoste vont sortir de leurs ateliers de nouveaux petits sujets qui au prime abord, ont un aspect grotesque. Ce sont des personnages aux barbes vénérables, aux allures énigmatiques, revêtis d’un accoutrement de carnaval. (…) Ce sont les derniers nés de Walt Disney. »
Dans le numéro de janvier 1939, un article de Chauvin et Rouland intitulé « Le triomphe de Noël » nous décrit leur périple le long des grands magasins parisiens lors des fêtes de noël.
Aux Galeries Lafayette, ils trouvent un stand des jouets Para-Kay. « Le comptoir est légèrement en demi-lune avec des étagères où sont offerts au choix et au désir des clients les plus beaux sujets de notre fabrication, savamment présentés dans des cartons, ou recouverts d’une enveloppe de cellophane. »
Aux magasins du Printemps, ils nous décrivent une installation féérique : « Dans le fond, en arrière des trois rotondes, une jolie vitrine fait revivre la cour de la reine et les rois du jour : Blanche Neige et les sept nains. La scène, admirablement bien rendue, représente un découpage du film au moment où les personnages de Disney exécutent la vision endiablée du bal. Les sujets sont animés électriquement, ce qui fait de cette réalisation une reproduction sincère et vivante du film, pour qui l’a vu projeter. Un haut-parleur fait constamment entendre les chansons lyriques de cette production. »
Au 5e étage, ils trouvent « le comptoir de la maison Delacoste », fait de « boiserie découpée, assemblée gentiment en étagères arcadées, circulaires, le tout peint en jaune avec filets verts. »
À la Samaritaine, une vitrine met à l’honneur les fabrications Delacoste de façon permanente de trois étagères, dont la plus basse est « exclusivement garnie des différents sujets de Walt Disney, Mickey, Trois petits cochons, Blanche Neige, etc.”
Une autre vitrine, spécialement achalandée pour Noël présente « le même sujet qu’aux Galeries Lafayette : Blanche Neige, mais à la différence qu’il est mieux présenté et plus complet. »
Ce même exemplaire contient logiquement un article intitulé « Blanche Neige et les sept nains » en page 5 qui se propose de présenter le dessin animé aux employés de l’usine et de leur expliquer comment il a été fabriqué. L’article nous apprend néanmoins que l’usine tourne à plein régime grâce à ces figurines : « malgré tous nos efforts, nous n’arrivons pas à fournir les nombreuses demandes de la clientèle. »




