Blanche Neige et les sept nains Album Éclair (Éditions populaires modernes) 1951

Collection Éclair

Publié à l'occasion de la ressortie française de Blanche Neige et les sept nains à l'automne 1951, cet album fait partie de la Collection Éclair des Éditions Populaires Modernes, un éditeur parisien spécialisé dans les publications populaires destinées à la jeunesse.

Bien avant Panini, la France possédait déjà une longue tradition d'albums à compléter. Dès la fin du XIXe siècle, les célèbres albums Menier, puis ceux de nombreuses marques alimentaires, proposaient aux enfants de réunir des chromolithographies obtenues grâce à l'achat de produits ou distribuées séparément.

L'histoire de Blanche Neige de la Collection Éclair s'inscrit clairement dans cette continuité.

La différence réside principalement dans le mode de distribution : ici, les images ne servent plus à fidéliser une marque de chocolat mais deviennent un produit commercial à part entière, vendu en pochettes dans le réseau des libraires et marchands de journaux.

La Collection Éclair ne constitue pas un cas isolé. Une édition italienne extrêmement proche est publiée la même année par les éditions Lampo. Elle reprend le même principe de 240 vignettes, ainsi qu'une partie importante des illustrations.

Des albums comparables apparaissent également en Espagne et en Amérique du Sud au cours des années suivantes, preuve que Disney et ses concessionnaires adaptent alors un même concept aux différents marchés nationaux.

Chaque pays modifie toutefois la maquette, les textes ou certains dessins afin de répondre aux habitudes locales.

Avant l'ère des autocollants

À l'époque, les vignettes étaient simplement imprimées sur papier. Le collectionneur devait les découper soigneusement puis les fixer dans l'album à l'aide de colle ou de gomme arabique. Ce principe restera pratiquement inchangé pendant plusieurs décennies. Ce n'est qu'à partir des années 1970, avec la généralisation des vignettes autocollantes — popularisées notamment par Panini — que cette étape fastidieuse disparaîtra progressivement.

L'album Éclair constitue ainsi un précieux témoignage de cette période intermédiaire, où le plaisir de collectionner passait encore par les ciseaux, le tube de colle... et beaucoup de patience.

L'ouvrage est constitué de 30 pages imprimées en noir et blanc et accueille 240 vignettes en couleurs, soit seize images par double page.

Contrairement aux albums illustrés classiques, la quasi-totalité des illustrations en couleurs n'est pas imprimée directement dans le livre : elles sont fournies séparément sous forme de petites images qu'il appartient au collectionneur de coller au bon emplacement.

Les pages sont décorées de nombreux dessins monochromes représentant les personnages principaux du film, des arbres, le château et divers éléments décoratifs qui encadrent les emplacements réservés aux images. L'ensemble alterne ainsi entre des compositions entièrement monochromes et les touches colorées apportées progressivement par les vignettes, au fur et à mesure de l'avancement de la collection.

Les vignettes étaient vendues dans de petites pochettes en papier, proposées dans les kiosques et chez les libraires. Chaque sachet coûtait 10 francs et contenait quatre images différentes.

L'éditeur insistait d'ailleurs sur un point important :

« Il n'y a ni vignettes-clés ni vignettes rares, toutes les vignettes étant mises en vente en même temps et en même quantité. »

Cette précision répondait à une inquiétude fréquente des collectionneurs : certaines séries étaient accusées de rendre volontairement quelques images presque introuvables afin d'obliger les enfants à acheter davantage de pochettes.

À la fin de l'album se trouve un bulletin de commande permettant de demander directement les images manquantes.

Le collectionneur indiquait les numéros recherchés, joignait le règlement par mandat ou en timbres-poste et recevait ensuite les vignettes souhaitées par courrier.

Les commandes étaient limitées entre 8 et 24 images, pour des tarifs de :

  • 8 images : 60 francs
  • 16 images : 80 francs
  • 24 images : 120 francs

Cette pratique, qui deviendra très courante chez Panini plusieurs décennies plus tard, existait donc déjà dans les années 1950.

Outre des titres sans lien avec Disney, la collection Éclair fait la publicité d’une autre adaptation en album d’un film Disney : Pecos Bill, un des segments du long métrage Melody Cocktail, sorti en France le 28 février 1951, quelques mois plus tôt.

Une adaptation graphique originale

The illustrations are not film frames, which would have been technically difficult to reproduce in 1951 and would not appear in French Disney albums until 1973.

Comme dans plusieurs albums Blanche Neige de la même époque à travers le monde, elles reprennent des illustrations promotionnelles réalisées spécialement pour Disney, souvent simplifiées ou redessinées afin de s'adapter au petit format des vignettes.

Le Prince constitue probablement l'exemple le plus frappant. Son costume, ses proportions et même certains traits de son visage diffèrent sensiblement de ceux du personnage animé tel qu'il apparaît à l'écran. Il s'agit davantage d'une interprétation inspirée des modèles publicitaires Disney que d'une reproduction fidèle des dessins d'animation. Il change même de couleur de cheveux au sein de l’album.

Plusieurs personnages présentent d'ailleurs des simplifications similaires, révélatrices des techniques d'impression économiques employées au début des années 1950.

L'album