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Titre complet : Le classique de Walt Disney, « Blanche Neige et les Sept Nains »
Auteurs : Michelle Sewell, Darryl Finer, Kate Lee & Mazen Freige
Date de publication : 1994
Pays : Grande Bretagne
Dimensions : 21 × 29,7 cm (A4)
Nombre de pages : 20
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Ce dossier de presse, publié à l’occasion de la ressortie britannique de 1994 de Blanche Neige et les sept nains, réunit des informations générales sur le film, son histoire et sa production, ainsi qu’un important développement consacré à sa restauration numérique. Il revient notamment sur les origines du projet, les souvenirs de Walt Disney et de plusieurs artistes du studio, la création des personnages et des personnalités des sept nains, le choix d’Adriana Caselotti, la musique, les scènes supprimées, la première de 1937 et la réception du film. Le document fournit également de nombreuses données de production et détaille le travail effectué par Disney, Kodak et Cinesite pour restaurer l’image et le son en vue de la ressortie de 1993-1994.
L’histoire maintes fois répétée selon laquelle le département Encrage et Peinture aurait appliqué du véritable maquillage directement sur les cellulos de Blanche Neige — ici attribuée à Frank Thomas — est une nouvelle fois reprise dans ce document, bien qu’elle ait depuis été réfutée.
Le dossier de presse affirme également que les chansons du film avaient été traduites dans treize langues autres que l’anglais. Ce chiffre est déconcertant : il ne correspond pas à l’exploitation d’origine, pour laquelle seules dix versions en langues étrangères furent réalisées, tandis qu’en 1994 le film était disponible dans une vingtaine de langues étrangères.
Curieusement, le contenu semble avoir été préparé en 1993, alors même que le dossier de presse indique clairement que les dates de ressortie du film au Royaume-Uni sont les 1er et 22 juillet 1994. Il semble probable que le contenu ait simplement été repris du matériel de presse nord-américain, puisque le texte fait référence à deux reprises à une « ressortie de 1993 ». La date figurant à la fin du document, « 6/1/93 », correspond donc probablement au 1er juin 1993, peu avant la ressortie du film aux États-Unis en juillet 1993.
Walt Disney Pictures présente
Le grand classique de Walt Disney Blanche Neige et les sept nains
D’après
le conte des frères Grimm
Supervision de la mise en scène :
David Hand
Chefs animateurs :
Hamilton Luske
Vladimir Tytla
Fred Moore
Norman Ferguson
Avec les voix de :
Adriana Caselotti
Harry Stockwell
Lucille Laverne
Moroni Olsen
Billy Gilbert
Pinto Colvig
Otis Harlan
Scotty Mattraw
Roy Atwell
Classification : U
Durée : 84 minutes
Dates de sortie au Royaume-Uni :
Écosse – 1er juillet 1994
Dans tout le pays – 22 juillet 1994
Une distribution Buena Vista International (U.K.) Ltd
Publicité :
BVI Press Office: (071) 605 2877 / 2828 / 2976
Michelle Sewell/Darryl Finer/Kate Lee/Mazen Freige



« Blanche Neige et les sept nains »
Information sur la production
Miroir magique au mur,
Qui a beauté parfaite et pure ?
Nul besoin d’un miroir magique pour savoir que le premier — et le « plus beau » — des grands classiques d’animation Disney est le chef-d’œuvre de 1937, « Blanche Neige et les sept nains ». Depuis son « Il était une fois » initial jusqu’à son dénouement où « ils vécurent heureux pour toujours », ce conte de fées Disney enchante les spectateurs du monde entier depuis près de six décennies et a établi des critères d’excellence et de divertissement auxquels les longs métrages d’animation Disney continuent d’être comparés.
Le film était apparu pour la dernière fois sur les écrans à l’occasion de son cinquantième anniversaire, en 1987, établissant alors de nouveaux records de recettes, aux États-Unis comme à l’étranger, pour la ressortie d’un dessin animé Disney.
Avec cette nouvelle ressortie, « Blanche Neige » revient exclusivement dans les salles et ajoute encore une première à sa liste déjà impressionnante d’exploits : il devient le premier film à bénéficier d’un nouveau procédé révolutionnaire de restauration numérique à la pointe de la technique. Le film sera ainsi plus beau que jamais, puisque même de légères imperfections présentes sur le négatif original ont été réparées ou supprimées pour la ressortie de 1993. En outre, la bande sonore originale de « Blanche Neige » a été remixée et améliorée afin de se rapprocher du Dolby Stereo et d’offrir aux spectateurs exigeants d’aujourd’hui la meilleure qualité sonore possible.
Par ses thèmes intemporels, la sincérité de ses interprétations, l’abondance de ses gags visuels, sa musique inoubliable et l’éclat de son art, « Blanche Neige et les sept nains » est généralement considéré comme l’un des films les plus populaires et les plus vus jamais produits à Hollywood. Riche de détails et d’imagination, il occupe une place à part parmi les longs métrages d’animation : il constituait la première tentative hollywoodienne dans ce domaine et prouva aux nombreux sceptiques de l’époque que l’animation de long métrage pouvait être une forme de cinéma viable et passionnante. Plus récemment, en 1989, la Bibliothèque du Congrès a encore consacré la place particulière de Blanche Neige dans l’histoire du cinéma en le faisant figurer parmi les vingt-cinq premiers longs métrages honorés et conservés au National Film Registry.
L’héritage de ce film historique remonte à 1937. Le public de l’époque de la Grande Dépression s’attacha profondément à Blanche Neige et adopta avec enthousiasme les facéties de ses sept charismatiques compagnons. Pour la première fois, des personnages de dessin animé en deux dimensions semblaient réels, vivants et dotés d’une véritable personnalité. Les spectateurs étaient terrifiés par la Reine transformée en Sorcière et transportés par la conclusion romantique digne d’un livre de contes. Ils quittaient la salle en chantant ou en fredonnant des airs aussi entraînants que « Sifflez en travaillant », « Heigh-Ho » et « Un jour mon Prince viendra ». Cinquante-six ans plus tard, la magie narrative de Walt Disney et de ses animateurs demeure tout aussi puissante et continue de captiver petits et grands.
Le célèbre conte des frères Grimm fournit le point de départ à l’imagination fertile de Disney et de son équipe. Une version muette avec Marguerite Clark ainsi qu’une pièce de théâtre populaire avaient également marqué le jeune producteur d’animation et l’avaient convaincu que cette histoire conviendrait parfaitement à son premier long métrage. Sept personnalités bien distinctes et attachantes furent créées pour les Nains, tandis qu’une adolescente talentueuse, Adriana Caselotti, fut choisie pour prêter sa voix parlée et chantée à la belle princesse. Harry Stockwell, père des acteurs Dean et Guy Stockwell, interpréta le Prince ; Lucille LaVerne (« Les Deux Orphelines » « Le marquis de Saint-Evremond ») la Reine et la Sorcière ; Moroni Olsen, le Miroir magique ; Pinto Colvig, voix originale de Dingo, Dormeur et Grincheux ; Otis Harlan, Joyeux ; Scotty Mattraw, Timide ; et Roy Atwell, Prof. Le comédien Billy Gilbert, célèbre à Hollywood pour ses éternuements, répondit à une annonce de Variety recherchant la « voix » d’Atchoum et fut engagé sur-le-champ.
L’histoire de la réalisation de « Blanche Neige » est l’une des plus fascinantes des annales du cinéma. Hollywood s’attendait à un désastre, d’autant que personne n’avait encore tenté de réaliser un dessin animé de sept bobines et que le coût de production passa des 150 000 dollars initialement prévus à la somme alors astronomique de 1,5 million de dollars. Pendant les trois années où le film fut en chantier, de 1934 à 1937, Walt Disney et son frère Roy engagèrent tout ce qu’ils possédaient en garantie. À Hollywood, on surnomma la production « la folie de Disney ».
Mais les contes de fées deviennent parfois réalité, et « Blanche Neige et les sept nains » connut une fin heureuse. Au cours des trois premiers mois d’exploitation seulement, on estime que plus de vingt millions de personnes se pressèrent pour le voir. Le film demeura le champion absolu du box-office jusqu’à « Autant en emporte le vent ». Les critiques ne tarirent pas d’éloges et l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences fut si impressionnée qu’elle dérogea à la tradition et lui attribua un Oscar spécial : une grande statuette accompagnée de sept petites, montées sur un socle et remises à Walt Disney par une Shirley Temple rayonnante.
Au cours des près de six décennies écoulées depuis la première sortie de « Blanche Neige », l’animation de long métrage n’a cessé de prospérer aux Walt Disney Studios. Le studio que « Blanche Neige » a contribué à bâtir continue d’explorer de nouvelles technologies et de nouvelles formes de narration dans le domaine de l’animation. Le succès initial de ce premier long métrage d’animation donna à Walt Disney et à ses collaborateurs la liberté d’innover et posa les fondations des trente longs métrages d’animation qui suivirent. Les récents succès de « La petite sirène », « La belle et la bête » — premier dessin animé nommé à l’Oscar du meilleur film — et « Aladdin » — plus grand succès de l’histoire de Disney et film sorti en 1992 ayant rapporté le plus de recettes — témoignent du regain d’intérêt pour l’animation et rendent un hommage permanent au film par lequel tout commença : « Blanche Neige et les sept nains ».
Restauration et conservation de « Blanche Neige »
Pour la ressortie du cinquantième anniversaire de « Blanche Neige et les sept nains », les Walt Disney Studios supervisèrent une importante restauration du négatif nitrate original du film aux YCM Labs de Burbank, l’un des principaux laboratoires spécialisés de l’industrie, auquel on doit notamment la restauration d’ « Autant en emporte le vent » et de centaines d’autres classiques pour les archives cinématographiques de l’UCLA, Disney et de nombreux autres studios. Les éléments originaux — images jaune, cyan et magenta exposées successivement sur la même bande de pellicule nitrate — furent alors nettoyés et polis à la main, image par image. Les perforations déchirées, les raccords et les déchirures furent examinés et réparés. Un nouveau positif maître fut ensuite tiré sur une tireuse par contact, et non une tireuse optique, afin de garantir le transfert le plus fidèle possible de l’image du négatif original. Ce procédé permit d’éliminer de nombreuses fines rayures accumulées au fil des années, ainsi que certains défauts du matériau d’origine. Grâce aux émulsions modernes à grain fin et aux objectifs de précision, le résultat surpassait tous les tirages d’exploitation antérieurs, y compris ceux de la sortie originale.
Mais le temps et la technologie poursuivent leur marche. Pour la ressortie de 1993, « Blanche Neige et les sept nains » devient le premier film à être restauré et préservé au moyen des nouvelles technologies numériques. Les spectateurs découvriront ainsi un « Blanche Neige » nouveau et amélioré, avec une qualité d’image jusque-là impossible à obtenir.
L’histoire de cette nouvelle restauration commence en 1991, lorsque Kodak présenta son High Resolution Electronic Intermediate System (HREIS), rebaptisé par la suite Cineon et installé chez Cinesite à Burbank, en Californie. Jeff Miller, vice-président de Disney chargé de la fabrication, et Bob Lambert, vice-président chargé des nouvelles technologies, furent suffisamment impressionnés par cette technologie avancée de compositing numérique par balayage laser pour proposer de l’adapter à la restauration de « Blanche Neige. » Kodak ayant initialement conçu HREIS pour recomposer de courtes séquences d’effets spéciaux et non des longs métrages entiers, des travaux supplémentaires de recherche et développement furent nécessaires.
Avec la collaboration de Disney, l’équipe Cineon de Kodak acheva la mise au point des outils de restauration nécessaires et augmenta considérablement les capacités du système. Ed Jones, lauréat d’un Oscar et fort de son expérience chez ILM, devint président de Cinesite chez Kodak et confia la direction du projet à Bruno George, lui aussi ancien d’ILM et de Boss Films. Jerry Pooler, Tom Smith et Gil Gagnon en assurèrent la coordination.
de Boss Films. Jerry Pooler, Tom Smith et Gil Gagnon en assurèrent la coordination. Avec l’apport artistique de Disney — Tim Hauser pour Feature Animation, Harrison Ellenshaw et Ray Scalice pour Buena Vista Visual Effects, et Jim Bice pour Theme Park Films — la priorité absolue fut donnée au respect et à la préservation de l’intégrité artistique originale du film. Dans cet esprit, les 700 scènes qui composent « Blanche Neige » furent analysées avec soin, image par image, afin de repérer les défauts les plus infimes et de déterminer les meilleures méthodes de restauration numérique.
Grâce au système Cineon de Kodak, les imperfections du négatif original, telles que les poussières sur les cellulos, les reflets de la plaque de verre, les sautes d’image et les scintillements, ont été en grande partie éliminées de manière sélective.
Afin de renforcer encore l’authenticité et le plaisir de cette ressortie, « Blanche Neige » n’est présenté que dans son format d’image original de 1,33:1, permettant au public de voir l’intégralité de l’image restaurée sans les compromis du « pan and scan ». Sur le plan sonore, Terry Porter, mixeur de réenregistrement plusieurs fois nommé aux Oscars (« La belle et la bête », « Aladdin », ainsi que les restaurations de « Fantasia » et « Pinocchio ») dirigea l’équipe chargée de nettoyer et d’améliorer la bande sonore originale afin de lui donner un rendu proche du Dolby Stereo. Bien queBlanche Neige, à l'époque, n’ait pas été enregistré à l’origine en stéréo, Porter souligne que « l’excellente qualité des éléments sonores originaux » a rendu ce travail possible. En associant jugement auditif et nouvelles technologies, il a pu donner davantage de profondeur et une direction plus précise au son. Dans des scènes telles que la fuite de l’héroïne à travers la forêt terrifiante ou la tempête du dénouement, la bande sonore donne l’impression d’effets surround et offre une richesse qui n’existait pas auparavant.


Les origines du premier long métrage d'animation Disney
Walt Disney arriva à Hollywood en 1923 et commença à faire œuvre de pionnier dans le domaine du cinéma d’animation avec ses comédies "Alice", Oswald le lapin chanceux, Mickey et les courts métrages Silly Symphonies.
En 1928, Mickey devint en quelque sorte l’équivalent animé d’Al Jolson lorsqu’il apparut dans le dessin animé sonore synchronisé « Steamboat Willie ». L’année suivante, Disney présenta « La danse macabre », premier d’une longue série de Silly Symphonies qui servirent de terrain d’essai à de nouvelles idées et techniques. Ces dessins animés novateurs lui permirent d’expérimenter la couleur (« La symphonie matinale »), l’intégration de l’histoire, de la personnalité et de la musique (« Les trois petits cochons »), la sensation de profondeur créée par la caméra multiplane (« Le vieux moulin »), et le perfectionnement d’un personnage humain réaliste (« La déesse du printemps »). Toutes ces étapes étaient indispensables pour préparer son équipe aux défis à venir.
Disney songeait depuis longtemps à réaliser un dessin animé de long métrage. Au début des années 1930, Mary Pickford et lui avaient envisagé une adaptation d’ « Alice au pays des merveilles » dans laquelle l’actrice aurait tenu le rôle principal tandis que les autres personnages auraient été dessinés par les artistes de Walt. Un projet comparable avec Will Rogers, inspiré de Rip Van Winkle, fut lui aussi abandonné.
L’idée d’un long métrage répondait également à une réalité économique. L’apparition des doubles programmes au cours des années 1930 avait pour effet d’écarter des écrans les dessins animés Disney servant de compléments de programme, victimes de la durée totale des séances.
« Un soir de 1934, se souvient Ken Anderson, vétéran de Disney, directeur artistique et dessinateur, nous sommes revenus travailler au studio après dîner et Walt a réuni quarante d’entre nous sur le petit plateau d’enregistrement. Nous nous sommes tous assis sur des chaises pliantes, les lumières se sont éteintes et, pendant les quatre heures qui ont suivi, Walt nous a raconté l’histoire de Blanche Neige et les sept nains. Il ne se contentait pas de raconter : il jouait chacun des personnages. Arrivé à la fin, il nous a annoncé que ce serait notre premier long métrage. Ce fut un choc pour nous tous, car nous savions déjà combien il était difficile de réaliser un court dessin animé. Il entreprenait quelque chose qu’aucun autre studio n’avait jamais tenté, mais son enthousiasme "Blanche Neige" nous a tous gagnés. »
L’animateur vétéran Ollie Johnston était lui aussi présent lors de cette soirée mémorable et électrisante. « Il fallait du cran pour faire ce que Walt a fait, dit Johnston. L’histoire repose sur l’idée que la Reine va assassiner cette jeune fille. C’est un dessin qui tue un autre dessin. Walt nous a convaincus que cela pouvait être rendu crédible, et nous l’avons tous cru. »
Un programme de formation destiné aux artistes fut d’abord organisé de façon informelle chez l’animateur Art Babbitt, puis transféré au studio lorsqu’il devint extrêmement populaire. Don Graham, professeur réputé du Chouinard Art Institute, participa à la formation des animateurs. Il leur apprit à faire des déclarations simples et directes, capables de communiquer une idée. Ses cours d’analyse du mouvement avec des modèles vivants se révélèrent particulièrement utiles et permirent à Blanche Neige d’échapper à la raideur et aux mouvements maladroits qui avaient handicapé le personnage féminin humain de « La déesse du printemps ».
Au cours de la production, des modèles vivants furent filmés afin que les animateurs puissent étudier leurs mouvements et parvenir à des gestes réalistes. Marjorie Belcher — qui deviendra plus tard Marge Champion, du célèbre duo de danse Marge et Gower Champion — mima les gestes de Blanche Neige, tandis que Louis Hightower servit de modèle au Prince. Ken O’Connor, responsable du layout, reçut la lourde tâche de tracer directement les prises de vues réelles sur la Moviola. Ces tracés servirent ensuite de guide approximatif aux animateurs. Les proportions des personnages et le minutage des prises de vues réelles furent modifiés afin d’éviter l’aspect raide et irréel qu’aurait produit une copie directe. La tête de Blanche Neige, par exemple, est presque deux fois plus grande proportionnellement que celle du modèle humain, tandis que sa taille fut affinée selon les conventions du dessin animé.
Walt Disney se souvient de Blanche Neige
« Vous auriez dû entendre les cris d’alarme lorsque nous avons commencé à réaliser un dessin animé de long métrage, se rappela Walt Disney des années plus tard. On prédisait que personne ne resterait assis assez longtemps pour regarder une chose pareille. Mais il n’existait qu’une seule façon de réussir : foncer et jouer le tout pour le tout. Il ne pouvait être question de faire des compromis sur l’argent, le talent ou le temps… et cela à une époque où tout le pays se trouvait au cœur d’une dépression économique paralysante.
« À mesure que le budget grimpait, j’ai moi aussi commencé à douter et à me demander si nous récupérerions jamais notre investissement. À ce moment critique, un grand homme de spectacle, W. G. Van Schmus, directeur général du Radio City Music Hall de New York, est venu au studio et a vu quelques fragments que nous avions terminés. Sur-le-champ, il a réservé le film, plusieurs mois avant qu’il soit achevé. Cela nous a tous formidablement remonté le moral.
« Puis ce fut le choc. Mon frère Roy m’annonça qu’il nous faudrait emprunter encore un quart de million de dollars pour terminer le film. Je dus montrer ces mêmes fragments aux banquiers en guise de garantie et j’étais certain que, parce qu’ils étaient banquiers, ils ne verraient pas ces images avec le même regard que M. Van Schmus. J’étais très inquiet.
« Le jour convenu, je me suis retrouvé seul avec Joe Rosenberg, de la Bank of America, à regarder ces fragments sur un écran, en essayant de lui vendre pour un quart de million de dollars de confiance.
« Lorsque les lumières se sont rallumées, il n’a manifesté aucune réaction à ce qu’il venait de voir. Il est sorti de la salle de projection, s’est tourné vers moi et a dit : “Walt, ce film va rapporter un paquet d’argent.” Comme chacun le sait, nous avons obtenu le prêt, le film a effectivement rapporté de l’argent et, s’il n’en avait pas été ainsi, il n’y aurait pas de studio Disney aujourd’hui. »
La « folie de Disney » allait bientôt devenir le « chef-d’œuvre de Disney ».
Quelques chiffres sur la production
La production de « Blanche Neige et les sept nains » commença en 1934 et s’acheva en 1937. Plus de 750 artistes Disney travaillèrent sur le film durant ces quatre années. Parmi eux figuraient 32 animateurs, 102 assistants, 107 intervallistes — les artistes qui dessinent les phases intermédiaires entre les poses clés des animateurs —, 20 artistes de layout, 25 peintres de décors, 65 animateurs d’effets spéciaux — fumée, eau, nuages et autres effets — et 158 professionnels chargés d’encrer et de peindre les personnages sur des feuilles transparentes de celluloïd destinées à être photographiées par la caméra multiplane Disney.
Le film se compose de plus de 250 000 dessins et sa musique fut interprétée par un orchestre de 80 musiciens. On estime qu’environ deux millions de dessins et d’esquisses furent réalisés au cours de sa production.
La caméra multiplane, inventée et mise au point par les techniciens des Walt Disney Studios, atteignit pour la première fois un très haut degré de perfection avec « Blanche Neige et les sept nains ». Elle avait été conçue pour donner à certaines scènes animées une impression de relief en photographiant les personnages au milieu de décors peints disposés sur plusieurs niveaux ou plans de verre. Chaque plan pouvait être éclairé séparément, déplacé seul ou avec les autres, rapproché ou éloigné de l’objectif, et animé à une vitesse différente. La caméra fut d’abord employée dans le court métrage de Walt Disney « Le vieux moulin » (1937); la technique comme le film reçurent chacune un Oscar.
Il fallut des mois de recherches aux chimistes du studio et le mélange de 1 500 couleurs et nuances de peinture pour déterminer les teintes définitives utilisées pour les personnages et les décors du film en Technicolor®. Tous les pigments employés pour la production furent broyés et mélangés selon des formules spéciales dans le laboratoire de peinture Disney. Enfin, les femmes du département Encrage et Peinture auraient mis au point leur propre méthode pour donner au visage de Blanche Neige un aspect plus naturel. Selon le grand animateur Frank Thomas, elles n’étaient pas satisfaites de ses joues excessivement rouges ni de la ligne trop dure de ses cheveux. Elles auraient corrigé le problème en appliquant du véritable fard et divers produits de maquillage directement sur le cellulo. Walt reconnut que le résultat était excellent, mais s’inquiéta de savoir si elles pourraient placer le maquillage exactement au même endroit sur chaque dessin. L’une des encreuses lui aurait répondu : « Monsieur Disney, que croyez-vous que nous fassions depuis toujours ? »


Adriana Caselotti – La voix de Blanche Neige
Trouver une voix convenant à l’héroïne constitua un obstacle majeur pour Disney. Avant Blanche Neige, le studio n’avait jamais eu besoin de voix naturelles pour ses personnages de dessin animé. Walt et son équipe n’avaient travaillé qu’avec des caricatures visuelles et vocales. Mais Blanche Neige était différente. Il lui fallait une voix bien particulière : une voix sans âge, mais aussi chaleureuse, naturelle et innocente. Walt insistait pour que le personnage possède une voix véritablement universelle.
Plus de 150 jeunes filles auditionnèrent. Elles n’étaient identifiées que par un numéro et Walt les écoutait parler et chanter derrière un écran. Il préférait ne pas les voir, estimant que leur apparence physique risquait d’influencer son jugement.
Parmi les candidates figurait Deanna Durbin, juste avant le début de sa brillante carrière de jeune vedette chez Universal. Walt ne la retint pas car il jugeait que, malgré son jeune âge, sa voix paraissait trop mûre.
Adriana Caselotti, fille d’un professeur de chant réputé de Los Angeles, avait quelques années de plus que Deanna mais paraissait beaucoup plus jeune à l’oreille ; c’est elle qui obtint le rôle. Près de six décennies plus tard, elle demeure indissociablement liée à « Blanche Neige. »
« Je me considère comme très privilégiée, dit-elle. Tout le monde n’a pas la chance de participer à un véritable classique comme "Blanche Neige". Et c’est très émouvant d’entendre des chansons comme “Un jour mon Prince viendra” ou “Sifflez en travaillant” et de savoir que c’est moi qui les ai fait connaître.
« En réalité, je n’ai travaillé que très peu de jours sur le film, se souvient-elle. Tous les dialogues et toutes les parties musicales ont été enregistrés en assez peu de temps ; il y eut ensuite un peu de doublage à faire une fois l’animation terminée. Mais je me suis toujours sentie membre de la famille Disney, même si je n’ai probablement pas travaillé au studio plus d’une semaine ou deux. »
Mme Caselotti est toujours capable de parler et de chanter dans cette voix aiguë si familière de Blanche Neige. « Ce n’est évidemment pas ma voix normale, explique-t-elle. Il fallait que je la pousse vers l’aigu, si l’on peut dire, afin d’obtenir cette qualité irréelle que recherchait M. Disney. Cela m’était facile grâce à ma formation lyrique. Et, inutile de le dire, toute cette aventure a été extrêmement passionnante pour moi, le sommet de ma vie professionnelle. »
Au milieu des années 1980, Mme Caselotti fut appelée à réenregistrer certaines parties vocales pour une attraction de Fantasyland à Disneyland. « Après de nombreuses prises sans parvenir tout à fait au résultat voulu, se souvient-elle, j’ai fermé les yeux et demandé à Walt de m’aider. La prise suivante était parfaite. »
Sept personnalités pour sept nains
L’un des problèmes les plus difficiles auxquels Walt Disney fut confronté sur « Blanche Neige » consistait à donner une personnalité précise à chacun des Sept Nains. Les frères Grimm les avaient très peu caractérisés dans le conte original ; ce qui se rapprochait le plus de véritables noms se trouvait dans une ancienne pièce où ils étaient appelés Flick, Glick, Blick, Snick, Plick, Whick et Quee.
Pinto Colvig, artiste polyvalent du studio qui avait créé quelques années auparavant la voix de Dingo, suggéra que, puisque les Nains étaient des individus distincts, chacun devait porter un nom exprimant un trait de caractère marqué. De cette idée naquit une longue liste de possibilités : Gabby, Jumpy, Sniffy, Puffy, Lazy, Stubby, Nifty, Wheezy… Tous furent discutés et la plupart écartés pour des raisons diverses, souvent évidentes. Deafy (Sourdingue), par exemple, fut abandonné parce que Walt ne voulait pas tirer un effet comique d’un handicap physique.
Finalement, Prof fut retenu pour le chef autoproclamé du groupe, le nom évoquant aimablement une figure d’autorité ; Atchoum fut inspiré par l’acteur Billy Gilbert, qui avait souvent utilisé un éternuement comique dans ses films ; Joyeux constituait le contrepoint idéal de Grincheux ; Dormeur et Timide suggéraient toutes sortes d’idées de comique bon enfant.
Simplet posa davantage de problèmes. À l’origine, on l’imaginait comme un gaffeur à la Chaplin, mais le personnage tendait de plus en plus vers la simplicité d’esprit. Il était également difficile de lui trouver une voix satisfaisante : toutes les possibilités finissaient par ressembler trop à celle de Prof. Quelqu’un suggéra finalement que Simplet ne parle pas du tout. C’était la solution, et l’insouciant Simplet — peut-être le plus aimé des sept — était né. Dans le récit, il n’est jamais établi qu’il soit incapable de parler ; il semble simplement n’avoir jamais vraiment pris la peine d’essayer.
Concevoir les Nains était une chose ; les animer en était une autre. Frank Thomas, l’un des « Nine Old Men » de Walt, se souvenait ainsi de cette tâche : « Au début, nous arpentions les couloirs en secouant la tête et en marmonnant : “Ils sont sept.” C’était la première fois que nous devions distinguer sept individus différents en même temps. Même pour une chose aussi simple que faire reculer les nains, il fallait que chacun le fasse différemment. Mais combien existe-t-il de façons de reculer ? Vous faites les quatre premiers, très bien, puis vous arrivez à Atchoum et vous n’avez plus d’idées. Cela devenait un vrai problème. »
Thomas ajoutait : « Il fallait connaître leur personnalité pour trouver leurs attitudes. Atchoum, par exemple, était un citoyen sérieux, qui prenait les choses très au sérieux et avait un grand sens des responsabilités. Nous avons compris qu’il était essentiel que chaque personnage possède une personnalité qui lui soit propre. »

La musique
Les musiciens du studio Frank Churchill, Paul J. Smith et Leigh Harline collaborèrent aux huit chansons entendues dans « Blanche Neige et les sept nains ». Parmi ces airs, dont beaucoup sont aujourd’hui considérés comme des classiques, figurent : « Je souhaite », chanté par Blanche Neige près du puits aux souhaits du palais ; « Un chant », chanté par le Prince ; « Un sourire en chantant », chanté par Blanche Neige aux animaux et aux oiseaux dans la forêt ; « Sifflez en travaillant », chanté par Blanche Neige tandis qu’elle range la maison des Nains ; « Heigh-Ho », chanté par les Nains en allant travailler à la mine de diamants et en en revenant ; « Bluddle-Uddle-Um-Dum (La chanson du bain) », chanté par les Nains lorsqu’ils se lavent avant le dîner, sur l’insistance de Blanche Neige ; « La tyrolienne des nains », chanté et dansé par Blanche Neige et les nains dans la chaumière ; et « Un jour mon Prince viendra », chanté par Blanche Neige au terme d’une longue journée riche en événements.
Les chansons ont été traduites en français, allemand, italien, espagnol, portugais et huit autres langues, et sont célèbres dans le monde entier.
Les scènes supprimées
Alors que le film approchait de son achèvement, Walt fut contraint de supprimer deux séquences : l’une dans laquelle les Nains mangent de la soupe et l’autre où ils construisent un lit pour Blanche Neige. Bien que divertissantes, aucune ne faisait progresser l’histoire et elles auraient rendu le film trop long. Des centaines de mètres d’animation, des dessins définitifs nettoyés ainsi que des esquisses, représentant des milliers d’heures de travail minutieux, furent ainsi abandonnés au montage. Ces séquences sont conservées dans les archives du studio et certaines parties ont été montrées dans des documentaires consacrés à « Blanche Neige. » David Pacheco, ancien animateur devenu artiste au sein de la division Disney Consumer Products, assembla pour la première fois nombre de ces « scènes manquantes » à l’occasion du cinquantième anniversaire du film. Parmi les autres scènes développées mais jamais portées à l’écran figurent la mort de la mère de Blanche Neige en couches et une séquence de mariage rêvé réunissant Blanche Neige et son Prince.
De nouvelles découvertes continuent encore aujourd’hui d’être faites dans les archives Disney. Scott MacQueen, responsable du programme de restauration de la bibliothèque du Studio, a récemment retrouvé plusieurs éléments liés à Blanche Neige, notamment une maquette de la chanson « You’re Never Too Old to Be Young (On n’est jamais trop vieux pour être jeune) » et de rares prises de vues de référence montrant le musicien et compositeur du studio Ollie Wallace et Marge Belcher-Champion jouant les nains pour l’un des intermèdes musicaux. Dans le cadre du programme permanent de restauration, ces éléments sont préservés au fur et à mesure que de nouveaux documents sont découverts.

La première originale - 21 décembre 1937
« À mesure que la date de la première de "Blanche Neige" approchait, nous manquions à la fois d’argent et de temps, se souvient Ken Anderson, alors artiste de layout et scénariste au studio. Tout le monde faisait des heures supplémentaires pour terminer le film. Si mes souvenirs sont exacts, la copie Technicolor® n’est arrivée au cinéma que quelques heures avant la séance. »
La grande première eut lieu le mardi 21 décembre 1937 au célèbre Carthay Circle de Los Angeles. Le cinéma a depuis été démoli et remplacé par un immeuble de bureaux, mais son souvenir demeure.
Charlie Chaplin était présent — il préparait alors son controversé « Dictateur » —, tout comme la jeune Judy Garland, qui venait de remporter un beau succès en chantant « You Made Me Love You » devant une photographie de Clark Gable dans « Le règne de la joie ». Douglas Fairbanks, Carole Lombard, Charles Laughton et Marlene Dietrich étaient là eux aussi, de même que toutes les grandes vedettes d’Hollywood. Même John Barrymore, le fameux « Grand Profile », artiste lui-même, fut aperçu bondissant sur son siège pendant l’une des scènes culminantes. L’animateur Ward Kimball se souvenait avoir vu Barrymore quitter le cinéma ce soir-là avec des lunettes noires, afin de dissimuler ses yeux humides après avoir versé des larmes devant l’heureux dénouement du film.
Ce furent 83 minutes décisives pour Walt Disney. En une soirée, il pouvait tout perdre — ou se retrouver au sommet du monde. Lorsque tout fut terminé, non seulement il avait gagné son pari, mais l’histoire du cinéma venait de s’écrire. L’animation avait atteint l’âge adulte.
Le regretté animateur, réalisateur et producteur Wolfgang « Woolie » Reitherman décrivit un jour cette soirée en ces termes : « Le public était tellement emporté par la magie de ce qu’il venait de voir qu’il applaudissait après certaines séquences, exactement comme s’il assistait à une pièce de théâtre. Je n’ai jamais revu quelque chose de semblable depuis. »
Il ajoutait : « Le lendemain matin, j’ai croisé Walt au studio. Au lieu de parler du repos qu’il pouvait enfin prendre après toutes les tensions traversées pendant les quatre années qu’avait nécessité "Blanche Neige", il s’est mis à parler du prochain long métrage d’animation, de son désir de commencer tout de suite et de toutes les nouvelles choses que nous allions faire au studio. Il n’y avait qu’un Walt Disney. »
Le 23 février 1939, « Blanche Neige et les sept nains » reçut peut-être sa distinction la plus satisfaisante et la plus singulière. Ce soir-là, lors de la cérémonie annuelle des Oscars , l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences remit à Walt Disney un trophée spécial pour son immense accomplissement. Il se composait d’un grand Oscar doré et de sept répliques miniatures disposées en escalier.
L’inscription disait : « À Walt Disney pour "Blanche Neige et les sept nains", reconnu comme une innovation majeure de l’écran qui a charmé des millions de spectateurs et ouvert au dessin animé un vaste nouveau domaine de divertissement. » Le prix fut remis par Shirley Temple, âgée de neuf ans et alors petite reine du cinéma.
Regards sur un classique
Le légendaire animateur Marc Davis, qui fit ses premières armes comme assistant de Grim Natwick sur ce film avant de concevoir et d’animer des personnages Disney aussi célèbres que Cendrillon, la Fée Clochette, Maléfique et Cruella d’Enfer, considère « Blanche Neige » comme « l’une des réalisations les plus remarquables jamais portées à l’écran. L’animation est, avec le jazz, la forme d’art américaine la plus originale, et aucun autre film n’a autant contribué à son essor. »
« Walt avait le don de nous faire accomplir bien davantage que ce dont nous nous croyions capables, observait autrefois le regretté animateur et réalisateur Eric Larson . Nous avions tous notre ego, mais Walt savait faire en sorte que ces ego travaillent ensemble, au sein d’une équipe. »
Selon Ken Anderson : « Walt était un formidable conteur et un extraordinaire acteur. Il aurait pu devenir un autre Charlie Chaplin s’il avait choisi cette voie. Je n’oublierai jamais la façon dont il nous raconta "Blanche Neige et les sept nains" ce soir-là sur le plateau d’enregistrement, ni à quel point il sut nous inspirer. »
Au milieu des années 1980, « Woolie » Reitherman, qui anima la séquence du Miroir magique, se souvenait : « L’atmosphère du studio débordait de créativité, fruit de l’union des esprits et des talents. Nous fabriquions des personnages entiers à partir de rien. Nous donnions vie au dessin animé. À partir de notre imagination, nous créions, image par image, une spontanéité. »
Après toutes ces années, « Blanche Neige et les sept nains » demeure un hommage aux esprits et aux talents qui l’ont imaginé et créé. C’est un classique au sens le plus authentique du terme, un récit intemporel destiné à être apprécié par d’innombrables générations à venir.


L'histoire
Il était une fois une belle princesse nommée Blanche Neige, dont la beauté naissante inquiétait sa belle-mère jalouse, la Reine. Chaque jour, la Reine demandait à son Miroir magique qui était la plus belle du royaume. Tant que le miroir lui répondait que sa beauté régnait sans partage, tout allait bien.
Mais un jour, le miroir répond à l’éternelle question par une révélation : Blanche Neige est désormais la plus belle du royaume, ce qu’a également remarqué un séduisant Prince.
Aussitôt, la Reine ordonne à son fidèle Chasseur de tuer Blanche Neige au plus profond de la forêt. Au dernier moment, cependant, incapable de se résoudre à assassiner la jeune princesse, le Chasseur lui dit de s’enfuir loin dans les bois et de ne jamais revenir. Terrifiée, elle s’exécute, courant jusqu’à tomber au sol, épuisée et en larmes.
Des oiseaux et des animaux amicaux la consolent et lui viennent en aide. Ils conduisent Blanche Neige à la chaumière des Sept Nains, partis travailler dans une mine de diamants voisine. Pensant que des enfants doivent habiter la maison tant tout y est petit, elle fait le ménage, prépare le dîner, puis s’endort. Lorsque les Nains — Prof, Joyeux, Grincheux, Dormeur, Atchoum, Timide et Simplet — rentrent du travail, ils découvrent Blanche Neige endormie.
Pendant ce temps, la Reine consulte son miroir magique et découvre que la belle jeune princesse est bel et bien vivante. Se déguisant en vieille marchande, elle trempe une pomme dans le poison et, le lendemain, alors que les Nains sont au travail, se rend à la chaumière et persuade Blanche Neige d’en croquer un morceau. Celle-ci s’effondre comme morte.
Les oiseaux et les animaux, qui ont reconnu la Reine sous son déguisement, courent et volent jusqu’à la mine pour prévenir les Nains. Ceux-ci reviennent trop tard pour sauver Blanche Neige, mais poursuivent la Reine jusqu’au sommet d’une falaise où, prise au piège, elle fait une chute mortelle.
Le cœur brisé, les Nains fabriquent pour leur amie un cercueil de verre, car elle est trop belle pour être enterrée. Jour et nuit, ils veillent sur elle, persuadés que tout est perdu et ignorant que le sortilège de la pomme empoisonnée peut être rompu par le premier baiser d’amour.
Le Prince, qui avait auparavant aperçu Blanche Neige et était tombé amoureux d’elle, apprend l’existence du cercueil et part à sa recherche. Ému par sa beauté, il l’embrasse. Soudain, les yeux de la jeune fille s’ouvrent comme si elle s’éveillait d’un profond sommeil.
Blanche Neige et le Prince repartent ensemble sous les acclamations et les larmes de joie des animaux et des sept bons Nains. Et ils vécurent heureux pour toujours.
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HEG/fk
6/1/93

